Témoignages

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Témoignage de la famille de Vitton
23 septembre 2016

Nous avons fréquenté la communauté catholique francophone de Tokyo pendant 4 ans. Nous y avons trouvé avant tout le bonheur de pouvoir continuer à prier, à entendre la parole, à communier, à chanter en français, accompagnés un aumônier français. Quel luxe lorsque l’on vit loin de chez soi ! Nous y avons également trouvé un accueil adapté à chaque membre de la famille. Pour les plus jeunes, nous avons profité de l’éveil a la foi et du catéchisme, ainsi que de la préparation au baptême. C’est un élément essentiel pour notre famille que de pouvoir assurer la continuité de l’éducation religieuse de nos enfants.
En tant qu’adultes, nous avons pu profité des diverses activités proposées : groupe de reflexion et prière, activités et sorties paroissiales, temps conviviaux, célébrations exceptionnelles... Nous avons également pu rendre service à la communauté en donnant de notre temps pour l’administration de l’association et pour la préparation au mariage. Les personnes qui fréquentent cette communauté ont des profils très variés : familles de passage, francophones de tous les pays, y compris des japonais, résidents de longue date, de tous les ages. .. Cela donne l’occasion de vrais moments de fraternité.
Merci chers amis pour tous ces précieux moments partagés. Continuez à faire rayonner le message du Christ.

Famille de Vitton - à Tokyo de 2012 à 2016, maintenant à Hambourg

 

Témoignage de Marie-Ange

10 septembre 2016

Bonjour à chacun et chacune d'entre vous,
 
Je prends enfin un peu de temps pour vous donner quelques nouvelles...
 
Je suis rentrée en France au début du mois d'août après avoir vécu les JMJ a Kakow avec mes amis de l'Hospitalité : des JMJ remplies de sourires des jeunes que nous accompagnions, de quelques galères, de belles découvertes et surtout de bonne humeur. Remplie de toute cette année, je suis revenue avec eux en France le 1er août...
Mais j'avais encore la bougeotte, alors j'ai pris les routes de France (région bordelaise, sud est, centre) pour les retrouvailles avec ma famille et mes amis. Finalement, je suis revenue vraiment le 23 août, à l'approche de la rentrée... Et le 1er septembre, comme les enfants, je suis retournée à l'école...euh,non au travail! Avec un accueil chaleureux, mes collègues m'ont souhaité la bienvenue. Voilà, la première semaine de travail est terminée et je suis contente d'être là.
 
J'ai vécu une année magnifique, superbe. J'ai découvert plus que je n'aurais jamais pu imaginer : paysages, cultures, traditions nourriture, foi et surtout les personnes...vous. Je ne peux vous dire que MERCI à chacun, à vous qui m'avez donné envie de partir, à vous qui m'avez accompagné dans ce départ, à vous que j'ai rencontré sur le chemin.
Je ne peux tout vous raconter par mail, donc je vous laisse aller voir les photos sur mon site toujours actif : www.lajoiedelarencontre.com.
Je le remettrai à jour bientôt (...) et durant l'année, je pense créer un petit film sur mon année...Bien sûr je vous l'enverrai!
 
Concernant le cahier pour le Pape François, je n'ai pas pu lui transmettre lors des JMJ (il était un peu occupé!), aussi je lui enverrai d'ici peu via les Clarisses d'Assise. Je vous transmettrai bien sûr des nouvelles sur son arrivée au Saint Siège.
 
J'espère réellement que vous allez bien, vos familles également. J'aurai quelques difficultés à vous écrire dans les prochaines semaines, sachez cependant que vous serez présents dans mes prières.
Je remercie chaque jour le Seigneur de m'avoir permis de vous rencontrer.
 
Vraiment, MERCI pour tout ce que vous m'avez apporté, pour vous.
Si l'un d'entre vous passe par la France (ou si vous y habitez!), n'hésitez pas à venir dans les Pyrénées-Atlantiques, vous serez les bienvenue à la maison!
 
Gardons le contact, en union de prières.
 

Marie-Ange

Article paru dans le Bulletin Printemps-Eté 2012 de l’Association des Français du Japon (AFJ)

Bonjour, Tout d’abord, avant toute chose, nous souhaitons adresser à l’AFJ, Association des Français du Japon, à l’ensemble de ses membres et à ses responsables nos sincères remerciements pour avoir invité notre Association l’ACCFFT, Association de la Communauté des Catholiques Français et Francophones de Tokyo, à participer par une contribution écrite à la parution de son Bulletin d’Avril 2012 , dont le thème principal, « France loin des yeux, près du cœur : du besoin d’être français lorsque l’on réside à l’étranger » ne peut que nous interpeller en tant que résidents temporaires ou permanents au Japon.

Pour être encore plus précis, Yves Alemany, le Président de l’AFJ, par son message d’invitation, nous a conviés à nous interroger plus spécifiquement sur notre condition de chrétiens expatriés, et pour beaucoup d’entre nous à nous poser de nouveau des questions très importantes que le rythme de la vie courante peut nous faire oublier un instant, et que je suis heureux de rappeler ici avant de donner la parole à quelques uns d’entre nous qui ont trouvé les mots justes pour y répondre :

Etre expatrié français et chrétien pratiquant, comment ressent-on l’environnement religieux au Japon, n’est ce pas un peu déroutant, si non pourquoi est-il donc si important de pouvoir trouver à Tokyo « une paroisse d’accueil francophone » ? Au-delà de sa foi chrétienne universelle qui peut s’exprimer dans la prière individuelle, pourquoi a-t-on-besoin d’un ancrage dans une communauté chrétienne francophone ?

C’est sous forme de témoignages exprimés par des membres de notre communauté que nous avons choisi de tenter d’apporter ici un début de réponse à ces questions. C’est aussi dans l’espoir que cet « exercice » pourra être poursuivi par une amplification du dialogue entre nous, à Tokyo et au Japon, entre expatriés de sensibilités et de confessions très diverses et parfois d’opinions divergentes, mais finalement tous unis par le respect des convictions des uns et des autres.

En résumé, s’il fallait limiter à quelques mots la description de l’ensemble des actes que cherchent à accomplir les membres de notre communauté chrétienne au Japon, et plus particulièrement ces francophones et ces français expatriés, nous pourrions décliner les termes suivants :
« Partager, prier, célébrer, agir, rencontrer, réfléchir, se rassembler et vivre avec nos enfants notre Foi en Jésus Christ et notre Espérance. »

Et en tant que Président de l’ACCFFT pour 2011-2012, je les associe dans mes prières pour le Japon à tous les autres français résidents dans ce pays, et en particulier aux membres de l’AFJ et aux membres des autres associations qui ont contribué chaque jour depuis un an à donner tout leur sens aux mots « Amitié et Fraternité ».
Voici donc les témoignages.

Tokyo – Mars 2012

 

1er Témoignage d’un résident permanent au Japon

« Les chrétiens en dehors de la prière individuelle ont besoin de se retrouver en communauté pour célébrer l'eucharistie et recevoir les sacrements, qui vont leur permettre de vivre leur Foi. Depuis les origines l'Eglise a veillé à ce que les fidèles puissent recevoir un enseignement dans leur langue maternelle. C'est le cas à Tokyo où il existe de nombreuses aumôneries de langues diverses en dehors du japonais : anglais, espagnol, portugais, français, allemand, polonais, vietnamien, indonésien, coréen, philippin etc... C'est aussi très important pour la transmission de la Foi aux enfants (catéchèse) et aux jeunes (aumônerie des collégiens et lycéens). Certains de nos compatriotes, au contact d'une civilisation si différente se posent des questions et se remettent à la pratique religieuse au sein de notre communauté. Paradoxalement, dans un pays ou moins de 1% de la population est chrétienne (dont la moitié de catholiques), il est plus facile de trouver une église catholique (il y en a 70 dans le grand Tokyo) qui soit ouverte dans la journée et qui propose de nombreuses messes le dimanche et en semaine que dans beaucoup de villes de province françaises, pays où 60% de la population se dit encore catholique. De plus les japonais qui sont eux même à une écrasante majorité bouddhistes et shintoïstes à la fois, sans trop d'inquiétude métaphysique, sont très ouverts et tolérants pour les autres religions et le christianisme en particulier. Beaucoup de japonais non chrétiens ont été élèves d'un jardin d'enfants, d'une école primaire ou secondaire, voire d'une université catholiques. Dans ce pays confucéen où l'on respecte le savoir, l'Eglise est donc plutôt bien considérée. La conversation avec les japonais porte rarement sur la religion, mais quand cela arrive et que l'on dit que l'on est catholique pratiquant, la question qui vient presque toujours est : "Allez vous à l'église tous les dimanches ?" La réponse positive les laisse songeurs, car cela leur apparaît comme une obligation très difficile à assumer.

Cependant s'il est facile de pratiquer sa Foi au Japon pour un étranger, c'est certainement plus difficile pour un japonais car il devient un élément à part dans une société où le conformisme est de règle et où il vaut mieux faire exactement comme les autres. De plus l'environnement n'est pas porteur : aucun jour férié d'origine chrétienne y compris Noël où l'on travaille comme les autres jours, un dimanche très peu chômé, aucune tradition populaire d'origine chrétienne... Je suis frappé tous les ans par le battage commercial fait, dès fin novembre jusqu'au 24 décembre, autour du thème de Noël. "Christmas" dont le mot n'a même pas été traduit en japonais, est complètement paganisé avec ses Santa Claus américains. On serait en mal de trouver la moindre décoration ou allusion à l'origine de cette fête, la naissance du Christ, sauf à entrer dans une église pour visiter la crèche. »

2ème Témoignage d’un membre ayant fait plusieurs séjours au Japon et actuellement présent

« …..Finalement si l’ "exercice" demande un peu de temps il est fort utile.... Remercions l’AFJ de nous donner la parole. »

« Tout naturellement la possibilité de vivre sa foi, recevoir les sacrements, permettre à ses enfants de grandir dans cette communion qu’est la vie chrétienne, c’est essentiel. En tant que chrétien, comment vivre sa foi « dans son coin » ? La prière, l’étude de la Parole du Christ ne peut pas uniquement se faire dans l’obscurité de sa maison. Tout seul, on n’est rien. Nous avons besoin des uns et des autres, de nous retrouver et de communier ensemble. La présence d’une communauté catholique francophone le permet. Quelle chance !

Vivre sa foi à l’étranger, dans un pays non chrétien, donne une dimension supplémentaire.

 Le caractère universel de l’Eglise catholique prend tout son sens. Nous sommes partie prenante dans cette grande « affaire ». Je ne saurai jamais si c’est l’âge et donc l’acquisition d’une certaine « maturité », ou si c’est le fait de vivre à 10 000 km de chez moi, mais j’ai l’impression de vivre plus intensément ma foi de jour en jour. En même temps nous sommes interpellés par d’autres religions. La découverte du shintoïsme, du bouddhisme a de quoi surprendre et nous amène à nous ouvrir sur les autres, sur une autre façon de vivre sa foi. Une autre spiritualité est là, vous la côtoyez sans saisir sa profondeur. Cette présence est permanente, à chaque pas vous en voyez les signes. Quel bonheur de découvrir au gré des balades en ville ou aux détours des chemins de montagne ces temples et petits autels si bien entretenus…. »

3ème Témoignage d’un membre d’un foyer franco-japonais

« Comme sans doute pour beaucoup de personnes ayant fondé comme moi un foyer franco-japonais, l'association et la communauté constituent une fondamentale pierre d'attache, même quand on fréquente aussi une paroisse japonaise et que l'on est très inséré. On y trouve une amitié et un soutien moral si forts. Aujourd'hui l'association, ses membres et l'aumônerie sont devenus mon principal lien avec la France. Fin 2008 j'ai perdu à la fois mon emploi et la santé, comme on peut s'y attendre en temps de crise extrême. Notre communauté m'a apporté le retour à la confiance, des contacts, un immense soutien spirituel. Même quand je suis resté plusieurs mois sans la fréquenter, la communauté m'a accueilli de nouveau et chaleureusement. La précarité même de sa situation - en raison de la partie expatriée de ses membres qui partent vers d'autres pays ou retournent en France - crée des liens plus forts peut- être. Mais je me sens aussi très humble devant la qualité humaine immense de ses membres et animateurs. Le mot de l'année 2011 au Japon a été "kizuna" (lien). Rien ne s'applique mieux à l'association. »

4ème Témoignage d’un membre vivant au Japon et habituée aux expatriations

« Mon arrivée au Japon a certainement joué un rôle de "révélateur" en ce qui concerne ma foi chrétienne. "Révéler", au sens photographique du terme de rendre visible l'image latente d'un film impressionné en le plongeant dans un bain chimique. Pour la première fois (ce n'est pas notre première expatriation), je me suis sentie dans un environnement dont les valeurs sont radicalement différentes des miennes. Cet environnement m'a paru différent jusqu'à me sembler hostile. Je me suis sentie en porte à faux par rapport à mon propre système de valeurs et j'ai été conduite à m'interroger davantage sur ses fondements. Notamment, je me souviens d'avoir été frappée dans les premiers temps de mon arrivée au Japon par l'absence de compassion ("souffrir avec") et par l'apparente indifférence des japonais par rapport à la souffrance d'autrui. Je reste également toujours stupéfaite par certains paradoxes. On souligne par exemple souvent la solidarité des japonais et la prédominance du groupe sur l'individu. On souligne rarement en revanche combien il est difficile d'aider un collègue, un ami ou même un inconnu dans la rue au Japon. Tout geste d'aide qui pour nous serait perçu comme "désintéressé" ("Dieu nous le rendra") est reçu avec méfiance, voire hostilité. La société japonaise est, semble-t-il, régie par d'étroites relations d'obligations réciproques et tout don mérite un contre-don équivalent pour ne pas perdre la face. C'est très lourd à porter : aider, c'est prendre le pouvoir sur l'autre.

Dans ce contexte, je me sens plus chrétienne que jamais et peut-être plus militante... Notre propre spécificité m'apparait plus clairement et j'ai envie d'en revendiquer les couleurs. J'ai aussi envie d'en savoir plus, de revenir à la parole, au texte.

Il va de soi également que j’ai envie de transmettre cet « être au monde » qui est le nôtre à mes enfants. Curieusement, je trouve que c’est plus facile qu’en France. Un certain nombre d’oppositions apparemment infranchissables entre appartenance chrétienne et convictions laïques paraissent nettement plus apaisées à des milliers de kilomètres… Quel meilleur symbole que celui d’avoir organisé les séances de catéchisme de nos enfants pendant plusieurs années dans les salles de l’école primaire de Fujimi ! Par ailleurs, notre communauté est jeune, soudée et accueillante. On y foisonne de projets et d’initiatives… C’est primordial pour l’image que nos enfants garderont de notre communauté… »

Et le mot de la fin, ici encore une pensée exprimée par un membre de notre communauté catholique à la fin de son message, tard dans la nuit...

« Peut-être y-a-t-il des choses qui ne peuvent se faire que dans sa langue maternelle. Compter, prier, rêver …Bonne nuit ! »

Yves Cerf-Mayer

Président 2011-2012 de l’ACCFFT